Les crises sanitaires

Depuis plus de 20 ans les crises sanitaires se sont succédées à un rythme accéléré : SIDA, "sang contaminé", "vache folle", hormone de croissance, amiante, canicule, SRAS... Chaque fois les insuffisances du système de veille et d’alerte ont été soulignées.

En réaction, souvent sous la pression de l’opinion et au nom du "principe de précaution", le système de veille et de sécurité sanitaire s’est progressivement constitué et réformé.
L'exemple de la gestion de la crise de la canicule en 2003 (voir plan national canicule 2007), qui a marqué l’opinion publique du fait des carences apparues face à un phénomène dont les implications sanitaires n’ont été perçues que tardivement, est significatif. En effet, la gravité de cet épisode a conduit les pouvoirs publics à prévoir des structures spécifiques d’intervention en prévision de nouvelles de crises.

La prise en charge très en amont de la gestion des problèmes sanitaires, devient une nécessité et, en théorie, semble devenir une réalité. Toutefois, l'étude menée par l'observatoire des risques sanitaires (2006) montre clairement que la population française manifeste une forte inquiétude vis à vis des risques des crises sanitaires. Le déficit de confiance envers les autorités reste majeur. Les français restent aussi très critique sur l'information reçue, jugée insuffisante et tardive.

Les français ont-ils l'impression qu'on leur cache la vérité ?

Si la transparence de l'information manque à l'appel, c'est sans doute la résultante des difficultés rencontrées dans la gestion des crises sanitaires. Celles-ci proviennent notamment de la complexité des relations entre les acteurs institutionnels, économiques et sociaux non seulement à l’échelle nationale mais aussi européenne et internationale. En effet, le risque sanitaire aujourd’hui ne peut plus être traité à l'échelle nationale.

L’épidémie de Chikungunya qui a sévit à La Réunion, malgré son apparente localisation, en est un exemple (suivre le point sur l'épidémie).

Mais la perception des français sur la gestion des risques sanitaires est surtout révélatrice d'un manque de "culture" du risque. Le refus ou le déni, souvent exploité comme stratégie... à risques, est symptomatique de l'absence de formation et d'adhésion à l'impossible et au pire.

Mais au-delà des crises sanitaires pandémiques, industrielles..., il est un fait nouveau qui risque de faire jurisprudence dans le secteur de la santé : la responsabilité pénale d'une personne physique. La condamnation récente d'un directeur d'hôpital à la suite de plusieurs décès de patients atteints par la légionellose doit nous alerter sur la capacité des personnels concernés à mieux prendre en compte les risques encourus. D'autant plus si leur responsabilité personnelle est dorénavant engagée.

La question de la gestion du risque est intrinsèquement liée à la conception que l'on s'en fait. Son caractère anxiogène et la dangerosité potentielle auxquels il est associé semblent être un frein naturel à l'action proactive. Le pilotage des situations de crise passe indéniablement par l'apprentissage d'une conception du risque radicalement nouvelle et positive.




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