| Depuis
plus de 20 ans les crises sanitaires se sont succédées
à un rythme accéléré : SIDA,
"sang contaminé", "vache folle",
hormone de croissance, amiante, canicule, SRAS... Chaque fois
les insuffisances du système de veille et d’alerte
ont été soulignées.
En réaction,
souvent sous la pression de l’opinion et au nom du "principe
de précaution", le système de veille et
de sécurité sanitaire s’est progressivement
constitué et réformé.
L'exemple de la gestion de crise de la canicule en 2003
(voir plan national canicule 2008), qui a marqué
l’opinion publique du fait des carences apparues face
à un phénomène dont les implications
sanitaires n’ont été perçues que
tardivement, est significatif. En effet, la gravité
de cet épisode a conduit les pouvoirs publics à
prévoir des
structures spécifiques d’intervention en
prévision de nouvelles de crises.
La prise
en charge très en amont de la gestion des problèmes
sanitaires, devient une nécessité et, en théorie,
semble devenir une réalité. Toutefois, l'étude
menée par l'observatoire des risques sanitaires (2007)
montre clairement que la population française manifeste
une forte inquiétude vis à vis des risques des
crises sanitaires. Le déficit de confiance envers les
autorités reste majeur. Les français restent
aussi très critique sur l'information reçue,
jugée insuffisante et tardive.
Les français
ont-ils l'impression qu'on leur cache la vérité
?
Si la transparence
de l'information manque à l'appel, c'est sans doute
la résultante des difficultés rencontrées
dans la gestion des crises sanitaires. Celles-ci proviennent
notamment de la complexité des relations entre les
acteurs institutionnels, économiques et sociaux non
seulement à l’échelle nationale mais aussi
européenne et internationale. En effet, le risque sanitaire
aujourd’hui ne peut plus être traité à
l'échelle nationale.
|